Mes écrits, relations entre hommes, l'amour n'a pas de sexe.
Je fis mon entrée dans la loge quelques minutes après la fin du concert, un vigile m’avait escorté jusqu’à la porte de celle-ci où il avait frappé quelques coups puis entendant un faible « entrez » me poussa à l’intérieur de la pièce et referma.
J’attendais droit comme un « i » en plein milieu de la loge, ne voyant aucune présence à proximité.
Puis, une porte adjacente à la pièce s’ouvrit, ma mâchoire faillit se décrocher sous le choc de la vue qui s’offrait à moi. Mon fantasme était en une fraction de seconde devant mes yeux en chair et en os avec pour seul habit une serviette qui enserrait sa taille ne cachant que le strict minimum.
Je fus pris de légers vertiges à cette vue, le remarquant Hiro me dirigea vers le canapé.
-Bonsoir, je suis Hiro, me dit-il en me serrant la main.
Comme si je ne savais pas que tu t’appelais Hiro, imbécile pensai-je en reprenant mes moyens.
-Enchanté de vous rencontrer enfin, je m’appelle Lindsay, lui répondis-je en lui offrant mon plus beau sourire.
J’essayai de paraître sur de moi cependant ma voix trahissait mon fond intérieur.
-J’ai toujours une faim de loup après une représentation ; en prononçant cette phrase il me dévora du regard appréciant mon corps tout entier, je réprimai un frisson avec force.
-Où allons-nous ?
-Un restaurant.
-Oh !
Le manque d’information prouvait qu’il ne connaissait pas le lieu où nous allions, il ne voulait se lier à personne c’était pour cela qu’au lieu d’emmener toutes ces filles chez lui, il les emmenait dans un hôtel supposai-je.
Mais à quoi m’attentai-je à un coup de foudre ? Cela était complètement absurde, riais-je intérieurement mais totalement dépité.
Je laissai échapper un soupir sans pouvoir le retenir. Hiro qui m’avait entraîné par la main dans les diverses rues de la ville se stoppa pour m’observer.
-Est-ce que quelque chose ne va pas ?
Je crus apercevoir pendant une fraction de seconde de l’inquiétude dans son regard mais me ravisa immédiatement. Je lui répondis par un sourire triste et passa devant lui, toujours accroché à sa main.
Tournant dans une ruelle, nous passâmes devant un restaurant chinois à roulettes.
Je fis demi-tour et m’arrêta, interrogeant du regard Hiro.
-Cela vous dit, lui dis-je en montrant la roulotte.
Le cuisinier chinois, un petit vieillard, nous fit un sourire accueillant nous voyant s‘approcher.
Enfin, assit, la phrase du petit vieillard nous stocka net sur nos tabourets.
-Alors, les amoureux que désirez-vous ?
J’étais resté tétaniser attendant la réaction de Hiro qui me surpris au plus au point mais me fit chaud au cœur, il riait à gorge déployée.
Magnifique, jamais encore je n’avais vu une personne avec un si beau sourire.
Hiro se pris au jeu pendant tout le repas me faisant apprécier sa nourriture en l’apportant avec des baguettes jusqu'à ma bouche, une personne extérieure nous aurez vraiment pris pour un couple.
-Mon cœur, nous y allons ? me dit-il en me prenant la main.
Puis, à l’attention du cuisinier :
-Merci pour ce repas, au revoir.
Ensuite s’étant éloigné, il reprit :
-Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant rit, merci me dit-il sincèrement.
Je lui lâchai la main et m’arrêta soudainement, il se retourna intriguer. Tout d’un coup, j’étais mal à l’aise par rapport à la demande que j’allais formuler, je croisai et décroisai mes mains jouant avec mes doigts. La tête baissée, je pris mon courage à deux mains.
-J’aimerais vous montrer un endroit que j’apprécie énormément, cela vous dérange-t-il ?
Hiro était tombé des nues à cette question, abasourdi.
Puis secouant la tête, il me prit le menton et releva mon visage puis sondant son regard au mien souffla un tendre oui.
Après un trajet d’un quart d’heure en taxi, nous fûmes arrivés sur la colline la plus haute de la ville. Je m’approchai alors du bord de celle-ci et m’assit tendant ma main à Hiro pour l’inviter à faire de même.
Le silence régnait depuis quelques minutes puis fut briser par Hiro.
-Qu’attendons-nous ?
Ayant replié mes genoux sur moi-même et posé ma tête sur ceux-ci, je relevai le visage et lui répondit en pointant le doigt vers le spectacle qui s’étalait à nos yeux.
-C’est vraiment superbe, je n’ai jamais vu quelques choses d’aussi beau.
Le coucher de soleil, cette nuit-là, était le plus splendide que j’ai vu depuis que j’avais découvert cet endroit.
Toutes les peintures du monde entier n’aurait pu refléter cette beauté, les couleurs qui se fondaient les unes aux autres pour en créer de nouvelles : le bleu du ciel se confondant avec le jaune et le rouge du soleil créant ainsi des reflets verts, violets, orangés.
Tout simplement grandiose, malgré la chaleur de toutes ces couleurs, je me mis à frissonner un vent léger mais frais s’était levé.
Hiro me prit dans ses bras et nous restâmes comme cela jusqu’à ce que les étoiles apparaissent.
-Oh ! Regarde celle-ci c’est la petite ours.
-Je trouve plutôt qu’elle ressemble à une casserole lui dis-je en riant.
-C’est vrai quand regardant mieux on dirait une casserole.
Après avoir admiré les étoiles pendant un temps indéterminé, Hiro rappela le taxi et me ramena chez moi.
-Merci pour cette sublime soirée Lindsay dit-il en me souriant. (De toutes ses dents, rooo oui je sais je casse le truc lol !)
-Il n’y a pas de quoi, j’ai adoré moi aussi et j’espère qu’après cette soirée vous comprendrez que toutes les femmes ne sont pas pareils, lui répondis-je en l’embrassant sur la joue.
Je courus jusqu’à ma porte ouvrant avec difficulté et escalada les marches quatre à quatre pour arriver dans ma chambre me dirigeant vers ma fenêtre pour voir une dernière fois le visage d’Hiro puis soupira, je m’appuyai sur le bord de la fenêtre pour admirer une seconde fois les étoiles avant de m’endormir paisiblement bercé par de doux rêves.