Mes écrits, relations entre hommes, l'amour n'a pas de sexe.
Je contemplai pendant un long moment la couverture du livre n'osant pas l'ouvrir. Regardant à maintes reprises mon livre n’en croyant pas mes yeux, l’écrivain était un certain Peter, mon Peter. Mes yeux s’embuèrent de larmes à cette révélation.
L'appréhension de connaître le contenu du livre faisait trembler mes mains.
Essayant de me ressaisir, je pris la lecture du premier chapitre.
"Depuis que je l'ai croisé, j'en suis amoureux...."
Mon coeur battait la chamade, l'émotion que me provoquait cette phrase était indescriptible.
Je continuai ma lecture, me nourrissant de chaque mot que Peter employait pour décrire son amour pour moi, sa peur de m’avouer ses sentiments dus à son enfance douloureuse.
Mes yeux s'étaient au fur et à mesure de la lecture embués de larmes. Elles coulaient à présent sur mes joues. Me moquant de savoir où j’étais, du regard des autres autour de moi. Ce qui comptait maintenant c'était ce livre, continuer à le lire, à le dévorer serait le mot le plus qualifié.
En voyant que je ne finissais pas de pleurer un serveur s'approcha de moi.
-Monsieur, vous allez bien?
Je me rendis alors compte de l'endroit où j’étais. Je bafouillais quelques mots au serveur en réglant l'addition puis partis.
J’étais maintenant dehors, errant dans la ville sans direction précise, mes pleurs s'étaient calmées mais une profonde tristesse m'avait envahit. En lisant le livre, je compris que mon amour pour Peter était toujours aussi fort. Je ne pouvais plus rester avec Quentin, je lui avais assez mentit comme cela. Rester avec lui alors que j’en aimais un autre, pour moi cela se résumait à de la tromperie.
J’attendrais le retour de Quentin et lui avouerait que je ne peux pas rester avec lui, je savais que la situation serait très dure pour Quentin, je m’en voulais énormément.
Mais je ne pouvais plus le tromper car ce sentiment était bien là présent depuis toujours, depuis ce fatidique mardi dans les escaliers.
J’étais resté chez moi pendant toute la semaine pour seule occupation de lire et relire le livre, j’en connaissais maintenant chaque phrase par coeur. Toutes mes pensées étaient tournées vers Peter, comment était-il maintenant? Que faisait-il? Etait-il avec quelqu'un? M'avait-il oublié malgré la dernière phrase du livre qui m'avait fait fondre en larmes.
"Mon coeur, mon corps et mon âme seront à toi pour l'éternité. Même si nous n'avons pas pu nous connaître vraiment. Je serai à toi entièrement pour toujours. Si l'on m'en donnait l'occasion je te dirai enfin....Je t’aime."
Je soupirai en me rappelant que moi aussi je cherchais cette occasion pour lui dire au lycée.
Dans le livre, il avait tout décrit. Tous ceux qui le lisaient, pouvaient se croire vraiment projeter dans notre univers à ce moment-là. Il avait même pris la peine de récrire mot pour mot la lettre que j'avais eu de lui.
"Tu es dans toutes mes pensées, mes paroles, mes gestes. J'aimerai pouvoir me confesser à toi personnellement mais ma timidité me l'empêche. J'aurai aimé pouvoir te regarder encore et encore de mon banc où je te vois dessiner. Regarder ton visage si doux qui éclaire ma vie. Effleurer ton corps pour moi si parfait. Mais je crois que cela n'est pas réciproque alors j'ai attendu la fin de l'année pour te le dire ce petit mot mais cependant très dur à dire: je t'aime.
P.S: Je serai partit quand tu liras cette lettre comme ça tu ne serai pas gêné d'être aimer par moi et de devoir me croiser.
Peter."
Dans une heure, Quentin arriverait et mon histoire avec lui serait terminé malgré que je ne l'aimais pas d'amour cela me fit de la peine de devoir lui annoncer et de perdre peut être en même temps son amitié.
Je perçois le bruit des clés dans la serrure puis la porte d'entrée s'ouvre, le voilà. Je reste assis dans le canapé pétrifié. Quentin me cherche dans toutes les pièces et me trouve dans le salon, le regard dans le vide.